2003
Réforme des retraites :
autopsie d'une défaite



La mobilisation sociale (exemplaire dans l’éducation nationale) du deuxième trimestre 2003 n’aura pas suffit à faire reculer le gouvernement. Le mouvement social enregistre là une nouvelle défaite, qui aura de grave conséquence.


Il y a plusieurs causes à cette défaite


Une bataille de plus de perdue !
        Il s’agit d’une défaite, car le but que c’était donné le mouvement social était d’obliger le gouvernement à retirer son projet de loi mais malgré les forces de ce mouvement (durée, popularité, démocratie développé à sa base, inventivité) le but fixé n’a pas été atteint, le gouvernement a fait voter son projet de loi à l’assemblée nationale, et mettait le mouvement social en échec.


L’organisation syndicale :
        Le mouvement par son ampleur au soir du 13 mai (voir du 25 mai) était potentiellement victorieux et tous ceux qui y participaient savaient que la victoire viendrait de la généralisation du mouvement, seule la grève générale reconductible pouvait faire reculer RAFFARIN.
        Les organisations syndicales ont refusées de prendre leurs responsabilités en n’organisant pas cette généralisation ; pire encore, elles s’y sont opposées en baladant le mouvement de journées de grèves en journées de mobilisations égrenées le long des semaines.
        Pourquoi les principales centrales syndicales n’ont pas voulues faire gagner le mouvement ?
        Elles seules le savent !!!
        Quant à la position de certains syndicats qui se montrent désormais comme les principaux allié du Medef, elle n’a surpris personne dans le mouvement social, et ce malgré la participation de leurs adhérents de base au mouvement.


Campagne médiatique
        La défaite n’est pas imputable qu’aux seules organisations syndicales.
        Le gouvernement a envoyé son message en « y mettant le paquet », véritable rouleau compresseur mental. Les médias et les journalistes en particulier ont pris une large part à cette propagande gouvernementale, comme ils l’avaient déjà fait au moment des élections présidentielles (exemple : bourrage de crâne médiatique pendant plusieurs mois permettant ainsi à LE PEN d’être présent au second tour).
        Malgré ce déferlement médiatique le mouvement a su faire passer son message car 68% de la population était favorable au retrait de cette réforme.


Le mouvement à eu ses propres faiblesses
        Dans bon nombre d’endroits en effet les pratiques d’auto organisation de la lutte comme l’élection d’un comité de grève ne se sont pas mis en place et face à des syndicats défaillants il n’y a que l’auto organisation des grévistes qui peut faire grandir la mobilisation.
        L’autre grade faiblesse de ce mouvement c’est de n’avoir pas su suffisamment montrer qu’il y avait d’autres voies que le libéralisme et qu’il s’agissait d’abord et avant tout d’un choix de société.


Conséquence de cette défaite
        Bien sur la première conséquence va être la dégradation de la situation des futurs retraités car le but de cette réforme au travers de l’allongement de la durée de cotisation est bien de faire baisser le niveau moyen des pensions de retraite.
        La deuxième conséquence est la plus immédiate, c’est le rapport de forces qui s’est établi entre le monde du travail, le patronat et le gouvernement.
        Au moment où s’annoncent d’autres batailles à livrer, une telle défaite après une si forte mobilisation laissera des traces.
        En effet, l’amertume et la démoralisation pèseront lourd au moment de remobiliser les troupes, tandis que du côté du gouvernement et du Medef on va être conforté pour lancer une nouvelle offensive néolibérale sur l’assurance maladie et sur la décentralisation.
        Ceux qui n’ont pas su prendre la part qui aurait du être la leur au soir du 13 mai sont les principaux responsables de la défaite car il faut penser à demain. Il va falloir repenser le mouvement social mais une chose est sure c’est l’organisation des grévistes qui fera leur force.



LA TOUR INFERNALE - Septembre 2003
Journal de la section SUD Santé sociaux de l'hôpital Henri MONDOR - CRÉTEIL
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